Installer une citerne à gaz GPL enfouie : implantation, contraintes et sécurité

En l’absence de raccordement au gaz de ville, le stockage du GPL en citerne enfouie constitue une solution complète pour alimenter chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson. Ce mode de stockage impose cependant des règles strictes d’implantation et de sécurité, qui varient selon la capacité de la cuve, la nature du terrain et la configuration du jardin. L’installation peut être prise en charge par l’installateur chauffagiste ou par le fournisseur de propane, mais reste encadrée par une réglementation précise.

Principes généraux du stockage GPL en citerne enterrée

Une citerne de GPL enfouie permet de libérer l’espace au sol et de limiter l’impact visuel de l’installation. Le réservoir est enterré dans le jardin, généralement sous protection cathodique contre la corrosion ou sous coque en polyéthylène étanche. La cuve reste accessible par un capot affleurant le sol qui regroupe les organes de sécurité et la zone de remplissage. Le réservoir doit être placé à l’extérieur des constructions, posé, ancré et relié à la terre. L’orientation du dispositif tient compte du jet de la soupape de sécurité, qui ne doit rencontrer aucun obstacle en cas de surpression.

L’implantation des citernes de GPL repose sur des textes réglementaires et normatifs qui fixent les distances minimales à respecter par rapport aux bâtiments, limites de propriété, voies de circulation, ouvertures, caves ou sous-sols. Ces prescriptions encadrent aussi les conditions de mise à la terre, les dispositifs de coupure et les caractéristiques du génie civil autour de la cuve.

Étude préalable du terrain et choix de l’emplacement

Avant l’enfouissement d’un réservoir, la nature et la configuration du terrain sont examinées avec attention. Des informations sont recueillies auprès du propriétaire et des services techniques ou d’urbanisme, afin d’identifier la présence éventuelle d’une nappe phréatique proche de la surface, le caractère inondable de la parcelle ou l’exposition à des contraintes particulières comme un sol salé en zone littorale.

Certains terrains se révèlent incompatibles avec une citerne enterrée. Les zones notoirement inondables, les sols soumis à l’influence des marées ou les terrains où la nappe phréatique affleure à moins d’environ un mètre cinquante de profondeur sont exclus, sauf solutions particulières étudiées par le fournisseur et l’installateur. Lorsque le sol est très imperméable, par exemple en présence de poches d’argile, ou que le risque d’accumulation d’eau est élevé, la citerne repose sur une dalle béton et s’accompagne de dispositifs complémentaires de drainage et d’évacuation des eaux.

L’emplacement retenu tient compte des accès nécessaires au camion-citerne pour les opérations de remplissage, des distances de sécurité, de la configuration du jardin et de l’implantation future ou existante des réseaux d’alimentation. La zone doit rester dégagée et stable dans le temps, sans ouvrages lourds ni plantations à racines profondes.

Conditions d’implantation d’une citerne GPL enfouie

Une citerne enterrée repose sur un ou plusieurs massifs d’ancrage qui assurent sa stabilité, notamment en cas de remontée de nappe ou de saturation du sol en eau. Les berceaux ou supports reprennent le principe des modèles aériens, mais sont adaptés aux efforts exercés dans une fosse. La cuve est enfouie à une profondeur suffisante pour que la génératrice supérieure se situe au moins trente centimètres sous le niveau fini du terrain. Un jeu latéral d’au moins trente centimètres est conservé tout autour afin de faciliter l’abaissement de la cuve lors de la pose et le remblayage de la fouille.

Lorsque la citerne est implantée dans une fosse maçonnée, les parois sont en béton ou en maçonnerie, de manière à garantir la stabilité de l’ouvrage. Des dispositifs de drainage peuvent être intégrés pour éviter l’accumulation d’eau autour du capot ou au fond de la fosse. La cuve est mise à la terre selon les règles de l’art, avec des liaisons équipotentielles adaptées à l’environnement et au réseau de gaz.

Le réservoir ne doit pas se trouver à moins d’un mètre des murs de sous-sol ou des fondations d’un bâtiment, sauf présence d’un mur étanche indépendant entre la citerne et la construction. L’implantation respecte également des distances minimales par rapport aux ouvertures, limites de propriété, garages, fosses, caniveaux ou points bas susceptibles de collecter des gaz en cas de fuite. Ces zones de sécurité restent libres de tout obstacle permanent.

Zone de sécurité en surface et contraintes d’usage

En surface, la citerne enfouie est signalée par un ou plusieurs plots ou repères permettant de localiser précisément sa position. Cette zone ne reçoit ni constructions lourdes ni charges importantes. Le dépôt de matériaux volumineux, le passage régulier de véhicules motorisés ou l’aménagement d’aires de stationnement sont proscrits à l’aplomb de la cuve et dans son voisinage immédiat.

Les plantations de grands arbres ou d’arbustes à racines profondes sont évitées à proximité de la citerne, afin de ne pas fragiliser la cuve, les organes de sécurité ou le revêtement protecteur. L’aménagement paysager se limite généralement à une pelouse ou à des massifs à faible enracinement, compatibles avec l’accès aux éléments de contrôle et de remplissage.

Le réseau intérieur de gaz comporte un organe de coupure à l’extérieur, proche de l’arrivée de canalisation, et un second organe de coupure est souvent installé à l’intérieur ou en façade, pour faciliter la mise en sécurité en cas de fuite ou d’intervention. Ces robinets d’arrêt restent librement accessibles et clairement repérés.

Contrôle, conformité et sécurité de l’installation

La sécurité constitue un axe central de la réglementation applicable au GPL. L’installateur réalise des essais de résistance mécanique et d’étanchéité avant la mise en service. Ces vérifications sont consignées dans un certificat de conformité d’installation, établi selon les modèles en vigueur. Ce document atteste que la citerne, les canalisations enterrées, les organes de coupure et les équipements intérieurs respectent les prescriptions réglementaires et normatives.

Avant le premier remplissage, le distributeur de gaz vérifie que l’installation est en apparence étanche et que la zone d’implantation ne présente pas d’anomalies visibles. Dans certains cas, un organisme agréé intervient pour contrôler le certificat de conformité, soit par examen documentaire, soit par visite sur place. Ces contrôles s’inscrivent dans une démarche globale de prévention des risques liés au gaz, qui associe qualité de la pose, entretien périodique des équipements et vigilance quant à l’évolution du terrain ou des aménagements environnants.

Une citerne GPL enfouie apporte ainsi le confort d’un réseau de gaz tout en préservant l’esthétique du jardin, à la condition de respecter les règles d’implantation, de sécurité et de contrôle qui encadrent ce type de stockage.